Au fait, mais qu’est-ce qu’on fait au Rwanda ?
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C’est une bonne question. La réponse est plus facile qu’il n’y parait : on vit.
Vous allez me dire, « vivre » cela consiste en quoi ?
Réponse.
Toutes les réflexions que nous avons menés avant de partir ajoutés aux discussions avec les uns et les autres et à nos maigres expériences de stage passées, nous ont progressivement mieux fait comprendre pourquoi nous voulions faire un stage différent de ceux que nous avions fait précédemment (en ONG, en Entreprise et à l’ONU). Nous commencions à sentir de manière diffuse que bien souvent, en voulant occuper un poste à responsabilité, nous passions à côté de l’essentiel, c’est-à-dire de la rencontre avec ceux que nous prétendons aider. L’idée même d’ « aider » nous devenait de plus en plus insupportable. En ouvrant petit à petit nos yeux restés grand fermés, nous nous apercevions que beaucoup de projet qui voulaient « aider », qui voulaient « améliorer la vie des gens » faisaient plus de mal que de bien. Pourquoi ? Car la majorité des ces projets n’avaient pas pris le temps de s’élaborer avec les personnes les plus concernées, les fameux bénéficiaires !
Au Rwanda nous avons quelques amis qui travaillent dans des ONG ou aux Nations Unies. Il vivent plus ou moins comme des rois, loin de la population, la journée ils sont le plus souvent dans des bureaux… Mais comment peuvent-ils espérer comprendre la réalité que vivent les personnes qu’ils veulent aider en vivant eux-mêmes de cette manière ?!? Ce n’est tout simplement pas possible. Quand on discute avec eux nous voyons bien à quel point ils ont du mal à comprendre les gens qu’ils sont sensé aider. Ce n’est pas par mauvaise volonté, c’est parce qu’il ne sont pas dans un cadre qui le leur permet. Je ne dis pas que nous, on comprends tout, loin de là, mais c’est sûr qu’en vivant au quotidien avec des enfants qui sont considérer comme des moins que rien, on ressent, plutôt qu’on ne comprend, un certains nombre de choses, sur leurs « problèmes » mais aussi sur leurs « rêves, projets et envies » pour l’avenir.
En venant au Rwanda nous avions envie de vivre en contact avec ceux justement qui sont les premiers à lutter contre la pauvreté au jour le jour, c'est-à-dire, ceux là même qui la vivent. Il nous semblait qu'avant de vouloir “faire”, il fallait prendre le temps de “comprendre” et donc d'apprendre.
Comme le dit Tierno Bokar, sage soufi de Bandiagara au Mali :
« Voir et critiquer les inégalités sociales, les dénoncer avec des grands gestes et de grands mots est plus facile que de se faire humble soit même à l’égard des moins favorisés. »
Ce qui fonde notre démarche, c’est l’idée que dans un projet de développement, l'important n'est pas de vouloir développé l’autre à partir d’un manque chez lui, mais de se rendre disponible et d'offrir à l’autre cette rencontre, cette écoute et cette reconnaissance.
Pour nous la rencontre est déjà une activité en soi.
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